
• Katia Semail


Faisant partie de l'unes des premieres générations de nakmuayings
en France aux cotés d'Angélique Pitiot, Laetitia Bakissy, Ielo Page ou encore
Laetitia Lambert, Katia est aujourd'hui l'une des meilleures représentantes du muay féminin français à l'étranger. Devenue championne de France des -55kg
à deux reprises, cette élite française a fait presque un sans faute à
chacune de ses participations en IFMA en revenant à chaque fois
médaillée d'argent. Combattante humble et discrète, nous tenions à vous
faire connaitre l'unes des naqmuayings francaises les plus expérimentées actuellement.
1. Bonjour, tout d'abord peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Bonjour, je suis licenciée au Brizon Gym Riom depuis 10 ans. J'ai attaqué la compétition au début de ma 3ème saison. Avant c'était impossible avec mon job. J'ai donc changé de travail. J'ai actuellement 31 combats (sans compter ceux du champ d'europe IFMA de 2014). J'ai été championne de France 2 fois en Muaythai et 1 fois en k1 rules: Pas d'adversaire dans ma catégorie les autres années en Thaï. En international, j'ai remporté la coupe du Monde One Songchaï de la Kombat League, J'ai remporté la médaille d'argent aux championnats du Monde IFMA, et deux médailles d'argent aux championnats d'Europe IFMA. En dehors du sport, je suis ingénieur commercial dans l'informatique.
2. Tu es revenue 3 fois des championnats IFMA, du monde et d'Europe, avec une médaille d'argent . Cette " seconde" place n'est -elle pas frustrante, d'autant plus que tu méritais apparemment la victoire en finale du champ d'Europe 2013 et que tu as boxé dans des conditions aflligeantes à celui de 2014?
Avec un certain recul, pour ce qui est de ma finale contre Johanna Jedrezjczyk en 2013, la frustration est toujours présente. Tout n'est pas juste dans la vie. Il faut continuer à avancer malgré tout.. J'apprécierai néanmoins de rencontrer à nouveau Joanna.
Pour ce qui est du championnat de 2014, en plus des nombreuses péripéties qu'a connu toutes l'équipe de France (cliquez pour en savoir plus), j'étais malade et ai du combattre une ukrainienne bien plus grande et qui boxait habituellement en -60kg. Je savais qu'elle allait être dure à boxer. Elle avait des bras longs, alors il fallait aller au charbon pour marquer des points. C'est ce que j'ai fait, seulement, j'ai mis trop de temps à trouver la bonne tactique, ce qui m'a désavantagé. Je n'ai rien lâché, surtout sur la dernière reprise où j'ai fait mon maximum pour marquer, mais ça n'a pas suffit.. Je repars alors avec un point de moins, et donc l'argent ! Larbi et Gaf étaient contents de moi quand même. Ils ont bien vu que j'avais été à la guerre jusqu'au bout...
3. En parlant d'IFMA, tu étais censée avoir gagné ta place en Malaisie en remportant la finale des qualificatifs. Pourquoi n'as tu donc pas fait partie de l'équipe de France cette année?
Nous sommes 3 boxeurs a mériter une place légitime et à ne pas partir. J'aimerais autant que toi que l'on m'explique quels étaient les arguments qui justifiaient que l'on m'annonce seulement 10 jours avant le départ, que je ne partais pas. Surtout que me concernant, personne n'est partit dans ma catégorie !
Je n'admettrai jamais cette décision injuste. Je dois bien faire avec malgré tout.. Il n'y a pas que dans le ring qu'il faut se battre..
4. Tu es ingénieur commercial en informatique, tu gagnes donc convenablement ta vie. Pourquoi continues tu alors de combattre malgré les problèmes que rencontre actuellement le muaythai ?
Tout ce que je fais dans le Muaythaï depuis le début, c'est par passion. J'espère d'ailleurs que ce que je fais ainsi que ce que font bien d'autres personnes permettra aux générations futures d'être mieux considérées.
Dès le départ, je savais que je ne gagnerai pas ma vie avec ce sport. J'ai pourtant changé de job pour pouvoir faire de la compétition à la fin de ma seconde saison car avant je bossais les samedis. Il fallait que je trouve un équilibre pour pouvoir m'épanouir dans la boxe. Je devais donc trouver le travail qui me convenait, ce qui est chose faite aujourd'hui puisque mon activité professionnelle et mon activité sportive partagent et véhiculent les mêmes valeurs: Combativité, adaptation, écoute, rigueur, culture du résultat etc. De plus, J'ai la chance d'avoir une hiérarchie qui me comprend et m'arrange. Lors de mes déplacements sportifs, j'ouvre mon bureau distant et chaque jour je communique avec mes collègues et clients.
Ce que la boxe m'apporte encore, c'est une seconde maison dans laquelle je passe énormément de temps : le Brizon Gym. D'ailleurs je me fais souvent charrier à la salle. Certains se demandent si je n'y vis pas..
Le fait d'avoir un job intéressant me permet justement de vivre ma passion a 100% et dans les meilleures conditions. Tous les jours à la salle, un job sympa et intéressant en parallèle, voilà de quoi me contenter et m'occuper !
5. Quel a été ( ou est toujours ) ton plus grand challenge entant que boxeuse ?
Je voulais me prouver qu'avec de la volonté et beaucoup de travail, on pouvait réaliser certains rêves personnels; aller chercher des titres, boxer sans protection, boxer des filles avec de gros palmarès, boxer sous forme de tournoi sur plusieurs jours consécutifs. Aujourd'hui je pense beaucoup à transmettre ce que l'on m'a enseigné. Ça fait parti de mon état d'esprit et de la culture de mon club. Même si je suis très loin de vouloir arrêter la compétition, j'ai passé mes diplômes d'entraîneur et juge-arbitre. Il est difficile de s'arrêter à la compétition quand on est passionné par une discipline, en tout cas pour moi. Tout le reste m'intéresse.
6. Tu boxes depuis plusieurs années et tout comme Ielo, Angélique ou encore Laetitia B., tu as pu assister à l'évolution récente du muay féminin français. Quel est ton regard sur celui-ci aujourd'hui?
C'est génial de voir autant de pratiquantes en compétition aujourd'hui. Pour ma part, j'ai du aller de nombreuses fois à l'étranger pour boxer, faute d'adversaire en France. Mes premières compétitions, on cherchait les autres filles dans la salle. Quand il y en avait..
7. Tu as pris sous ton aile les jeunes compétitrices Juliette Lacroix et Romane Vernay. Parles nous un peu d'elles. Est ce différent de coacher et de préparer une fille?
En effet, Juliette Lacroix en classe C et Romane Vernay en éducatif sont dans mon club. A mes yeux, la pédagogie est différente avec une féminine. On ne fonctionne pas pareil c'est évident. Ce que j'aime chez Ju et Romane ainsi que certains garçons compétiteurs, c'est cette volonté. On ne se fait pas de cadeaux, mais c'est pour la bonne cause! Étant compétitrice , j'essaie tant que possible de me mettre a leur place, pour m'adapter au mieux. Chacun réagit différemment avant un combat. J'essaie donc de les accompagner dans leur bulle. Juliette comme Romane, se sont facilement intégrées au groupe des compétiteurs. La règle est simple, selon moi, homme ou femme on vient pour la même chose. Alors pas de différence! Mon objectif, c'est qu'il n'y en ait justement aucune et que chacun progresse.
Après c'est l'approche individuelle qui varie car elles ont des tempéraments très différents toutes les deux. Même si j'aime m'occuper de tous. J'ai un attachement particulier avec les féminines et aussi les jeunes. Les feminines, cela s'explique par le fait que nous sommes un petit nombre, et les jeunes, j'ai toujours la sensation qu'ils donnent autant qu'ils reçoivent. Depuis le début de la saison je m'occupe d'ailleurs d'un cours féminins !
Je suis très contente que nous soyons 3 combattantes au Brizon. J'espère que de nouvelles recrues viendront se greffer!
8. Tu viens de nous apprendre que tu t'occupes depuis peu d'une section féminine au sein de ton club. Peux tu nous en dire un peu plus ?
En ce début de saison, elles sont 25 à s'être inscrites. De base, c'est Gérard Dimier qui s'occupe de ce cours ainsi que Luis depuis quelques saisons. Il m'a demandé si je voulais bien qu'on le gère ensemble, parfois l'un, parfois l'autre, parfois les deux, car Luis a des contraintes cette année. J'ai donc commencé ce mois de septembre 2014. Le cours à lieu le lundi à 20h15 à l'ancien gymnase de la Varenne à Riom là ou se déroulent les autres cours. Dans cette section féminine, il n'y a pas d'opposition, on fait travailler les parties du corps qui les intéressent. On se base néanmoins sur la gestuelle de la discipline, avec du paos et du sac. C'est un cours que j'apprécie tout particulièrement ! Les femmes bossent dans la bonne humeur, et ne trichent pas. Elles se donnent à fond. Je craignais que ce public ne soit pas à l'aise avec moi, ou que je m'adapte difficilement à elles, alors que dès le premier cours ça s'est très bien passé! Ça me fait beaucoup de bien de les retrouver. Elles sont très volontaires.
J'adore!
9. Un mot de la fin ???
Les filles qui hésitent, n'hésitez plus! Il y a trop de loisirs et pas assez de combattantes! Même si ça a progressé..





Katia auprès des autres féminines de l'Equipe de France - Championnats mondiaux IFMA 2012.
De gauche à droite : Laetitia Bakissy , Katia Semail , Laetitia Lambert, Angélique Pitiot, Ielo Siapo Page, Judith Levy. Khalissa Houicha etant absente de la photo.
Katia Semail vs Hailey Kallio
Finale des qualificatifs nationaux IFMA
2 fois championne de France de muaythai, Katia est également repartie de 3
championnats IFMA avec la médaille d'argent.

